Prévenir le risque de TMS lors de la mobilisation des résidents
Le milieu de l’aide et du soin est un secteur très accidentogène où la manutention de personnes est à l’origine des deux tiers des accidents du travail et de l’essentiel des maladies professionnelles.
L’objectif de prévention : supprimer la manutention pondérale manuelle
1. Procéder à l’évaluation régulière de l’autonomie des résidents
Au-delà de l’évaluation des capacités de la personne par la grille AGGIR, il s’agit de connaitre pour chaque résident l’autonomie restante permettant de réaliser chaque acte de la vie courante (lever, transfert, rehaussement, toilette, etc.). Cette autonomie pouvant varier rapidement dans le temps voire dans une même journée, l’évaluation doit être mise à jour dès que nécessaire.
2. Définir les techniques de manutention
Elles sont à mettre en œuvre pour une bonne prise en charge de chaque résident avec les objectifs de :
- Supprimer toute manutention pondérale manuelle des personnes (ex : transfert du lit au fauteuil);
- Réduire au minimum les efforts et les postures contraignantes lors des manutentions subpondérales (ex : redressement d’une personne dans un lit, un fauteuil).
3. Mettre en œuvre les moyens adaptés :
La formation du personnel
- à l’utilisation des aides techniques présentes dans l’établissement;
- pour devenir acteur PRAP2S (intégrant la démarche ALM – accompagnement à la mobilité de la personne aidée) (voir plus haut 3. Organiser la démarche de prévention / La formation en prévention des acteurs de l’établissement)
Un dispositif d’information des soignants sur la connaissance des résidents et sur leur bonne prise en charge. Il s’agit de mettre l’information pertinente à disposition des soignants, notamment pour les personnes qui viennent d’intégrer le service.
Des lits électriques médicalisés dans toutes les chambres.
Le lit médicalisé est la première des aides techniques. Bien utilisé, il favorise la mise en œuvre des capacités résiduelles du résident et le stimule. Il peut être adapté aux pathologies ou caractéristiques du résident :
- les lits électriques qui descendre à 20 cm du sol pour les résidents atteints de pathologies cognitives (ex : Alzheimer) ;
- les lits bariatriques pour les résidents à forte corpulence.
Du matériel d’aide à la mobilisation ou au transfert en quantité suffisante, maintenu en bon état et stockés à proximité des lieux d’utilisation. Le drap de glisse notamment facilite les rehaussements au lit.
Pour les personnes à dépendance forte ou totale
- Des aides techniques au plus près des besoins (lève-personne, drap de glisse, etc.) en privilégiant les dispositifs de type rails plafonniers ou équivalents (rail sur portique).
- Des moteurs en nombre suffisant dans les chambres, en privilégiant les moteurs fixes.
- Des dispositifs d’aide à la toilette en nombre suffisant et adaptés (fauteuil de douche électrique, chariot de douche, douche au lit, etc).
Pour aller plus loin
Télécharger le Programme TMS Pros - Prévenir les TMS dans le secteur SMS
Télécharger la recommandation R471 - Prévention des TMS dans les activités d’aide et de soins en établissement (ameli.fr)
Consulter la série de vidéos INRS - Prévention des TMS dans le secteur de l’aide et du soin à la personne
Voir le webinaire INRS - Aide et soin à la personne : accompagner la mobilité de la personne (anim-208)
Télécharger le dépliant INRS ED 6414 - Guide de choix. Acquisition de chariots ou d’aides à la manutention de personnes
Télécharger la fiches pratiques d’aide aux choix des aides techniques (Carsat Languedoc Roussillon)
Site internet Prévention Domicile - Centre de ressources
Prévenir les chutes de plain-pied
Prévenir les chutes de plain-pied nécessite d’agir à plusieurs niveaux :
- La conception des espaces de travail : espace de circulation, aménagement des espaces, encombrement des sols, dénivellations, seuils, obstacles, etc.;
- Les sols : nettoyage des sols, revêtements anti-dérapants, etc. ;
- L’organisation du travail : réduction des déplacements, etc. ;
- Le niveau d’éclairement ;
- La sensibilisation des salariés ;
- La protection individuelle : chaussures fermées antidérapantes.
Pour aller plus loin
Consulter la page chutes de plain-pied (INRS)
télécharger la liste des revêtements de sol 2018 dans les locaux de fabrications de produits alimentaires (ameli.fr)
Prévenir les risques psychosociaux
Stress lié à la charge de travail, relations difficiles avec les résidents et leurs familles, épuisement émotionnel, etc., sont des exemples de situations que peuvent rencontrer des salariés d’EHPAD.
Les risques psychosociaux, comme tout autre risque professionnel, doivent donc faire l’objet d’une évaluation et être intégrés au document unique.
Exemples de bonnes pratiques en prévention :
- Répertorier les relations difficiles avec les résidents et/ou les familles, les analyser et les traiter ;
- Intégrer dans le livret d’accueil les valeurs, les modalités d’échanges, les pratiques (intérêt des aides techniques notamment) et les rôles et missions de la structure ;
- Former les soignants à la prise en charge de résidents atteints de troubles cognitifs ;
- Donner les moyens aux soignants d’intégrer des aides techniques dans les soins pratiqués, pour leur permettre de se concentrer sur le relationnel avec le résident et sur le maintien de son autonomie.
Pour aller plus loin
Consulter le dossier INRS - Les risques psychosociaux (RPS)
Consulter l'outil en ligne INRS - Faire le point sur les risques psychosociaux pour le secteur sanitaire et social (outil42)
Télécharger la brochure INRS ED 6349 - Risques psychosociaux : comment agir en prévention ?
Prévenir le risque infectieux
Le principe est de considérer chaque résident comme porteur potentiel d’agents pathogènes. Les précautions d’hygiène de base doivent être appliquées systématiquement par l’ensemble des professionnels en contact avec les résidents. Des précautions dites complémentaires seront appliquées en fonction des résultats des analyses bactériologiques, sérologiques et/ou de l’état de santé du bénéficiaire.
Les mesures de prévention concernent notamment :
- L’hygiène des mains et, en fonction des tâches effectuées, le port de gants et des équipements de protection (surblouse, sur-chaussure, masque, charlotte, etc.) ;
- La manipulation des objets coupants, piquants, tranchants ;
- La gestion des déchets de soins et du linge souillé ainsi que le transport des prélèvements ;
- La conduite à tenir après un accident d’exposition au sang (AES) ou d’exposition à des agents infectieux (grippe, coqueluche, gale, tuberculose, etc.).
Pour aller plus loin
Recommandation R410 - Risque biologique en milieux de soins (ameli.fr)
Article INRS TM 42 - Les précautions standard. Des recommandations pour la prévention du risque infectieux autour des soins
Dossier INRS - Risques biologiques
Dossier INRS - Covid-19 et prévention en entreprise