Vidéo : La sécurité dans les forges - Département des Ardennes
Durée : 12:24
Chaîne : Carsat Nord-Est
[00:06] Musique d'introduction.
[00:23] Narrateur : Dans la région des Ardennes, une forte implantation d'industries métallurgiques perdure depuis plusieurs siècles. Malgré les difficultés liées aux restructurations économiques, aux bouleversements et mutations que ce secteur a dû subir, de nombreuses forges ont pu maintenir leur activité et demeurent un des moteurs économiques de la région.
[00:42] Narrateur : Il s'agit pour la plupart d'entreprises moyennes regroupant entre 100 à 200 employés, fournissant des pièces métalliques pour les besoins de la production automobile, de la production ferroviaire et aéronautique.
[01:00] Narrateur : Compte tenu de l'exigence de ces marchés, il faut une longue formation dans ces spécialités bien définies pour se maintenir dans cet environnement. L'action de chacun dépend du rôle des autres et la place des hommes est prépondérante. Voilà pourquoi un accent particulier est porté dans ce secteur sur la prévention des accidents du travail.
[01:23] Narrateur : Cependant, malgré toutes les précautions prises pour réduire ce risque, 292 accidents ont été enregistrés dans l'activité forge sur le département des Ardennes au cours de l'année 2003.
[01:39] Témoignage 1 : C'est arrivé un matin, je crois que c'était un mardi matin. On arrivait sur le poste à 6 heures du matin. On a commencé à faire des pièces, c'était les 11-42. Bon, c'est déjà de la grosse pièce, c'est la pièce qui pèse 8 à 9 kilos. Et puis on travaille normalement à six.
[01:56] Témoignage 1 : On a démarré notre journée à 6 heures. Et puis je donnais trois coups d'ébauche, deux coups de finition, et puis voilà, la journée démarre. 6h30, 7h, 7h30 : impeccable. À 8h15, j'avais un copain, Damien, qui bossait avec moi. Il était juste pour le moment en formation sur le pilon. Il devait commencer à matricer un petit peu.
[02:15] Témoignage 1 : Et au bout d'un quart d'heure de temps, il commence à en avoir plein les pattes. Je lui dis : « Écoute Damien, donne-moi la tenaille, je vais te remplacer un petit peu ». Quand j'ai pris la pince, la tenaille, j'ai commencé à matricer. Et puis la pièce, aussitôt son remplacement, au dernier coup de pilon en finition, la matrice du haut a cassé.
[02:32] Témoignage 1 : Et puis un bout d'une dizaine de kilos est parti et il m'est tombé carrément dans le ventre. Et puis bon ben là, je suis tombé à terre. Ce sont des collègues de travail qui m'ont ramassé, qui m'ont emmené dans le bureau des chefs. Là, les pompiers sont venus puis m'ont emmené en direction de l'hôpital.
[02:55] Témoignage 1 : Heureusement que j'avais la brayette en kevlar qui est obligatoire dans l'entreprise. Sans cette brayette, à mon avis, bon ben je ne serais plus là à l'heure actuelle.
[03:07] Narrateur : L'usage et l'expérience ont permis de développer des équipements de protection en fonction de toutes les activités dans les forges. Cet équipement est constitué d'un casque, de protections auditives, d'une visière ou de lunettes, d'un tablier en kevlar, de gants de protection et de chaussures de sécurité.
[03:35] Narrateur : Cet équipement contribue grandement à réduire les accidents causés par des chocs, par des projections, ainsi que les coupures et les brûlures. Dans son environnement, le forgeron doit toujours se souvenir que faute de cet équipement, un incident peut devenir un accident.
[03:54] Témoignage 2 : Je travaillais sur un pilon et j'étais en train de graisser. Un morceau de lopin est parti et je l'ai pris en bas du ventre. Et je n'avais pas de tablier de protection. Disons qu'on en mettait, mais ce n'était pas des tabliers en kevlar.
[04:09] Témoignage 2 : Alors bien sûr, quand j'ai pris le morceau de lopin, ça a fait carrément un trou dans la brayette et moi j'ai été recousu en bas du ventre. Maintenant, je me rends bien compte que finalement avec un tablier en kevlar, il n'y a pratiquement aucun risque. Pour moi, le but est de rentrer chez moi le soir en famille sans finir à l'hôpital.
[04:30] Témoignage 3 : Je devais régler la largeur, j'étais déporté. Au niveau de resserrer les clavettes, on fait toujours aller la matrice du haut en bas en appuyant sur les boutons du pupitre. Donc on demande aux ébarbeurs de nous donner un coup de main pour que ça aille plus vite.
[04:59] Témoignage 3 : Au moment où j'ai regardé le rapport avec mon doigt, il ne devait pas être là pour aider les autres. Je lui ai dit de ne pas le faire, mais il n'a pas entendu à ce moment-là. Il a levé la masse, mon doigt est parti sous les matrices, il a rabaissé le tout.
[05:16] Témoignage 3 : Si ce matin-là, je m'étais dit : « Bon, tu vas faire tout le montage et tout le réglage tout seul », au moins tu es sûr qu'il n'y a personne qui va appuyer sur les boutons.
[05:29] Narrateur : Compte tenu de la complexité des tâches, il est toujours possible d'entreprendre seul un travail. En ce cas, il convient de déterminer avant tout quelle sera la tâche de chacun et que toutes les consignes soient scrupuleusement respectées. Une fois sur le chantier, le bruit couvre tout. Les modifications orales de ces consignes deviennent délicates ou aléatoires.
[05:54] Narrateur : Au cœur du bruit, tout message d'alerte risque de se perdre. Voilà pourquoi le périmètre de travail et les espaces de déplacement sont clairement balisés.
[06:05] Témoignage 4 : Dès qu'on arrive en forge, on est chez un marchand. Il faut toujours porter ses équipements de protection, surtout la visière. Il ne faut surtout pas faire de déplacements inutiles.
[06:22] Témoignage 4 : À la mise en route aussi, les arrière-plans peuvent être en danger. Il suffit d'un glissement sous une chauffeuse, un lopin qui est coincé... il faut toujours porter ses équipements pour avoir le moins de pépins possible.
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